Les plaisirs simples de la vie

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Cette semaine, je me suis reconnectée à un plaisir simple dont je m’étais privée ces derniers mois.

Mi-juillet, je me suis blessée très sérieusement aux deux chevilles. Immobilisation, béquilles, rééducation et tout le tsoin tsoin. Je ne suis pas encore totalement rétablie, mes chevilles sont encore douloureuses, notamment le matin « à froid » ou en fin de journée.

J’avais l’habitude d’aller à mon travail tous les matins à pied et j’aimais cette demi-heure de marche. Mais bien sûr, ces derniers mois, ce n’était plus possible. Je rentre parfois le soir à pied, quand j’ai besoin de vider mon esprit, et surtout quand mes chevilles me le permettent.

Mais ce matin, en sortant de chez moi, au lieu de tourner à droite pour aller vers le métro, j’ai tourné à gauche.

Je mets dans mes oreilles l’envoûtante musique d’un de mes compositeurs fétiches, Ludovico Einaudi. Vous connaissez ? Attendez un instant, vous devez absolument lire ces quelques mots avec cette musique, pour plonger avec moi dans l’expérience.

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Êtes-vous en train de l’écouter ? Alors, ça fait du bien au cœur, non ?

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Et maintenant venez, je vous emmène avec moi
dans cette ballade matinale !

 

Il fait froid, entre 3 et 4°C, mais je suis bien couverte. Je vois mon souffle former une fumée blanche en sortant de ma bouche. J’aime toujours autant faire ça. Souffler et voir cette légère brume devant moi quand il fait froid. Comme lorsque j’étais petite. Pourquoi se priver de ces petits moments de bonheur ?

Je sors de ma rue, et de suite, la lumière afflue. Le ciel est bleu et la lumière si belle, bien blanche mais pourtant chaleureuse. Bien que le printemps soit ma saison préférée, j’aime assez ce genre de temps. Il fait froid, le ciel est clair et ensoleillé, mais moi je suis bien emmitouflée, au chaud. Ce matin, les nuages sont en petits chapelets, comme s’ils s’étaient étirés pour prendre le plus de place possible dans cette immensité de bleu. Le soleil les rend à la fois blancs et translucides, c’est beau !

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Mes yeux regardent droit devant moi, se perdent dans le ciel, accrochent un arbre, un bus, le visage d’un passant… J’entends les voitures, les voix, des portes qui se ferment, un camion qui passe. Je suis bien, un sourire s’installe sur mon visage, mon plexus s’ouvre, je le sens. Juste avant de traverser le parc, il y a des barricades, mon champ de vision est étroit et je ne vois qu’un minuscule bout de ciel. Puis le mur se termine et tout d’un coup, mon champ de vision s’élargit. J’aime ce moment-là, on l’on passe de l’ombre à la lumière, du petit à l’infiniment grand… Là encore, c’est beau…

Dans le parc, il y a les arbres, dont les couleurs oscillent entre le vert, le jaune, l’orange et le rouge. Quand on habite dans une grande ville, cela fait du bien de voir des arbres dès le matin. Les joggeurs courent, s’étirent, s’entraînent, s’épuisent parfois. Celui-là est un vrai sportif, il est sacrément rapide, son chien parvient à peine à le rattraper. Ces deux filles s’entraînent ensemble. J’entends les discussions entrecoupées par leurs respirations essoufflées… L’une  vient juste de démarrer, objectif = – 5 kg !  Alors pour dépenser plus de calories, elle court en montant ses genoux le plus haut possible.

Un homme imposant en costume sombre, attaché-case et souliers vernis roule à toute vitesse sur un minuscule vélo pliant vert fluo. Un adorable petit couple de personnes âgées fait sa promenade matinale, en se tenant par la main. Qu’ils sont attendrissants…

Les plaisirs simples de la vie

Une maman pousse une poussette à toute allure. A l’intérieur, son bébé est tellement couvert et engoncé dans ces multiples couches de vêtements, qu’il ne peut même pas rapprocher ses jambes et ses bras de son petit corps, on dirait une étoile de mer. C’est drôle !

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De mon côté, je traverse le parc d’un pas rythmé mais tranquille. Je marche sur la partie en gravier, car même s’ils s’insèrent parfois dans mes chaussures, j’aime le crissement que font les gravillons sous mes pieds. Je remplie mes yeux et mon cœur de ses mille sensations.  C’est bon…

En sortant du parc, j’arrive sur un gigantesque carrefour. Les odeurs sont vraiment différentes. Je sens les pots d’échappements, j’entends les klaxons, le bruit des travaux. L’odeur de transpiration des ouvriers vient titiller mes narines, les beuglements du contremaître et les accélérations éveillent mes oreilles… C’est la vie dans son côté urgent, circulant, pressé. Mais pas uniquement. Au milieu de tout ce carrefour, il y a des parterres d’une herbe bien verte, des fleurs, des fougères et même un petit saule pleureur dont une branche vient caresser mes oreilles lorsque je passe dessous.

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Je décide de prendre une rue que je prends peu habituellement, car cela rend le trajet plus long. Mais ce matin, je veux prendre mon temps. Je passe devant l’école primaire, ils sont déjà en classe depuis une vingtaine de minutes, mais j’enlève quand-même un de mes écouteurs car j’adore entendre les cris des enfants dans les cours d’école. Mais là tout est silencieux. Une classe est en rang dans la cour, ils vont visiblement sortir, le maître est devant eux. Et pourtant, quel calme ! J’étais bien plus bruyante qu’eux à leur âge. Non, je suis bien plus bruyante qu’eux, même à l’âge que j’ai !

Je m’apprête à remettre mon écouteur, un peu déconcertée ; mais là je les entends, ils viennent de se mettre en marche. La Vie est dans le mouvement ! Il a suffit qu’ils se mettent à avancer, pour que je les entende parler, crier, chanter, se chamailler et jouer… tout ça en même temps. Je me mets sur le trottoir d’en face pour les suivre le plus longtemps possible, m’imprégner de leur fougue, de leur vivacité, de leur façon de tout vivre à fond, comme s’il n’y avait aucun lendemain. C’est tellement bon…

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Je tourne à droite, traverse devant le tramway et passe sous la voie ferrée, toujours en écoutant les bruits qui m’environnent. Pleinement consciente de ce qu’il se passe autour de moi. Ancrée dans le maintenant, dans la vie telle qu’elle se déroule sous mes yeux.

Et devinez quoi. Je suis arrivée au travail le sourire aux lèvres. Lorsque mes collègues m’ont demandée si j’allais bien, j’ai répondu par un grand « oui » venant du cœur !

Pourquoi ? Car je suis sortie, l’espace de ces 30 minutes, de mon mode « pilote automatique ». J’ai levé la tête et observé le monde, je me suis concentrée sur ce qui se passait en moi et autour de moi. Aussi parce que j’étais présente, les sens en éveil, avec les yeux d’une enfant émerveillée et le cœur ouvert ! Et enfin, parce que j’ai changé mes habitudes, parce que je ne me suis pas laissée guidée par la douleur mais par l’envie. Et c’était bon…

 

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Et vous ? Quels sont vos petits plaisirs simples et accessibles ?
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 Les savourez-vous pleinement ?  Partagez cela avec
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nous dans les commentaires.

 

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Écrit par Adé

    8 commentaires

  1. Laurie 21/11/2016 at 12:23 Répondre

    Qu’est-ce que j’aime te lire !!! Tu seras aujourd’hui mon petit rayon de soleil du matin sous la pluie de Montpellier !!! 🙂
    A travers ce texte magnifique, j’ai eu l’impression de vivre avec toi cette jolie promenade confortablement installée sous ma couette.
    Merci infiniment à toi ma belle Adélaïde pour cette bouffée d’oxygène de la journée !!! Plein de bisous et belle journée… 🙂

    • Adé 21/11/2016 at 12:37

      Un grand merci à toi Laurie de me lire toujours aussi assidûment !

      Je suis bien contente d’avoir égayé ta journée par ces quelques mots.

      Belle et douce journée à toi !

  2. olivier 21/11/2016 at 05:31 Répondre

    Oulaladidonc ça avance. Il fait bon sur ton blog.

    • Adé 21/11/2016 at 07:27

      Merci Olivier ! 🙂

  3. Franck 18/11/2016 at 20:56 Répondre

    Ça c’est tout toi, la banane dès le matin avec distribution de positive attitude !!!!

    • Adé 18/11/2016 at 21:03

      Merci Franck 🙂
      La Vie est trop courte pour que nous ne profitions pas de chaque instant ! Alors je les savoure…

    • Isabelle Girardot 20/11/2016 at 19:52

      Tout à fait, mon adage à moi “life is too short to be anything but happy !” alors ravie de te suivre sur ton blog pour trouver et partager de nouvelles sources d’inspiration pour savourer ces petits bonheurs du quotidien qui rendent la vie magique 😉

    • Adé 20/11/2016 at 21:51

      Merci Isabelle ! Quel joli adage… Et un grand merci de me suivre ! 🙂

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